Le président de l’Assemblée nationale a appelé samedi 31 octobre 2026 à adopter le volet recettes du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, tout en adressant neuf observations au Gouvernement sur la régularité et la sincérité budgétaires.
Saisie le 17 octobre par le Gouvernement, l’Assemblée nationale a porté les prévisions de recettes à 60 064,47 milliards GNF, soit une hausse de 7,53 %. Usant des prérogatives de l’article 57 de la loi organique relative aux lois de finances (LORF), elle a relevé de 2 764,3 milliards GNF les prévisions de recettes et de ressources de financement, avec l’accord de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget. Ces marges doivent réduire de 941 milliards le recours aux bons du Trésor et permettre d’apurer 1 228,4 milliards d’arriérés.
Des écarts chiffrés pointés
–Seules 30 % des recettes administratives reposent sur un fondement légal;
–Les dépôts et numéraires du Trésor, inscrits à 2 706 milliards, atteignaient 4 236 milliards fin septembre;
–Sur 1 200 milliards de créances fiscales confirmées auprès de 45 grandes entreprises, 17 % ont été recouvrés;
–Dix-huit des trente-quatre sociétés publiques n’ont versé aucun dividende en 2025;
–Sur 4,45 milliards USD de prêts contractés depuis 2021 pour 55 projets, 1,055 milliard a été décaissé.
Or artisanal et ressources minières
Le président a relevé que l’or artisanal, qui représenterait près de 70 % des exportations aurifères, acquitte 50 USD par kilogramme, soit environ 0,06 %, contre 1 % prévu par l’article 164 du Code minier. L’application de la loi porterait ce prélèvement à quelque 1 307 USD. Il a aussi demandé l’acquisition de ponts-bascules et la création d’un laboratoire national de référence.
Autres demandes
L’Assemblée réclame le tableau des mouvements de crédits exigé par l’article 51 de la loi de règlement et de la loi de finances initiale (LORF), un encadrement rigoureux des 3 000 milliards de titres d’État destinés aux infrastructures, la clarification du statut de l’ARSJPA et de l’ARPT, et un audit indépendant de la concession de 2018 du Port autonome de Conakry.
Le Gouvernement devra rendre compte sur ce dernier point sous six mois.
L’Assemblée dit vouloir suivre ces recommandations, notamment lors de l’examen de la loi de règlement et de la loi de finances initiale 2027.
BMSL











