Ce vendredi 30 octobre 2026, l’ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Mandjan Sidibé, a comparu devant la Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Des accusations rejetées en bloc
Poursuivi pour « détournement de deniers publics, abus de confiance, corruption, atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des chances dans les marchés publics, usage illicite de biens par l’octroi d’avantages injustifiés, concussion et complicité », Mandjan Sidibé a rejeté en bloc ces accusations.
« Ce montant de 78 milliards de francs guinéens est inventé. Il n’y a aucune pièce justificative. Après le passage de l’Inspection, ils ont trouvé un montant de 22 milliards de francs guinéens à justifier », a-t-il précisé.
Les recrutements, au cœur des débats
Concernant les recrutements, le prévenu a reconnu qu’il n’existait pas de manuel de procédures avant d’y procéder, ce qui, selon lui, a causé des difficultés à l’Office. « Nos difficultés proviennent de trois facteurs. À notre prise de fonction, l’OGP comptait 130 personnes. Nous avons donc lancé le recrutement de nouveaux travailleurs. Le personnel était vieillissant et il y avait aussi un manque criant de personnel, car le travail se fait sur le terrain. C’était aussi une manière de réduire le chômage et d’augmenter le chiffre d’affaires de l’OGP, mais je suis tombé dans un piège lié au recrutement », a-t-il regretté.
Des recrutements imposés
Selon Mandjan Sidibé, il n’avait pas les mains libres en la matière. « Plusieurs recrutements m’ont été imposés. Au moment où le président du CA (Conseil d’administration) déclarait publiquement que les recrutements étaient interdits, en privé, il m’en imposait », accuse-t-il.
Il poursuit : « Les personnes qui m’ont imposé ces recrutements sont les mêmes qui sont allées me dénoncer auprès du président de la République avec des arguments fallacieux. Malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion d’aller me défendre. »
Primes et fonds de caisse : une pratique héritée
L’audience a également porté sur le traitement salarial du personnel de l’OGP. Mandjan Sidibé a expliqué à la Cour avoir hérité, à sa prise de fonction, d’une pratique qui ne lui semblait pas bonne, et avoir décidé d’y mettre fin.
« Lorsque je suis arrivé en 2022, j’ai reçu 100 millions de francs guinéens auprès de la DAF. J’ai demandé pourquoi. On m’a expliqué qu’il s’agissait de primes de fonds de caisse que je devais percevoir à la fin de chaque mois. Par la suite, j’ai demandé qu’on arrête cette pratique. J’ai remboursé les 100 millions de francs guinéens et, depuis lors, nous avons cessé de percevoir ce fonds de caisse… Je ne suis pas responsable de ce qui relevait du président du Conseil d’administration. Celui-ci n’a pas voulu arrêter cette pratique ; il a simplement diminué le montant des primes des membres concernés à 50 millions », a-t-il révélé.
Une contestation du rapport de l’Inspection générale d’État
Le prévenu a ensuite contesté le rapport de l’Inspection générale d’État. « Le rapport n’a pas été contradictoire. Je n’ai jamais rencontré cette équipe et elle ne m’a jamais présenté de pièces », a-t-il laissé entendre.
Un salaire passé de 75 à 95 millions GNF
Mandjan Sidibé a par ailleurs déclaré : « J’étais payé à 75 millions de francs guinéens comme salaire. Après, le Conseil d’administration a décidé d’augmenter mon salaire à 95 millions, avec 30 millions de prime de carburant et 180 millions de francs guinéens de primes annuelles liées au logement».
L’affaire a été renvoyée au 2 décembre 2026 pour la suite des débats.











