Comme nous l’annoncions dans le précédent article, à la suite de la partie civile, le substitut du procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières(CRIEF) a présenté ses réquisitions dans l’affaire opposant la société Ecobank Guinée SA aux huissiers de justice Maîtres Sory Daouda Camara, Mandjou Sangaré et l’avocate Maître Halimé Saad Chaloub.
A l’entame, Pierre Segbé Kamano a précisé que ce procès n’est pas celui de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée. Au contraire, c’est celui des gens qui ont posé des actes au préjudices de la société Ecobank Guinée.
Après avoir exposé les faits, le magistrat estimé que le délitd’ecroquerie au jugement” est bel et bien établi à l’égard de Maître Halimé Saad Chaloub. Quant à Maître Mandjou Sangaré, le parquet spécial a demandé de le déclarer coupable des faits ”d’usurpation de titre et de fonction,de faux et usage de faux en écritures publiques et authentiques”. Dans cette même ordre d’idée, le ministère public a requis la Cour de retenir Maître Sory Daouda Camara dans les liens de la prévention pour complicité de ces infractions.
Pour la répression,<<Vous condamnerez l’ensemble des prévenus à 7 ans d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 50 millions de francs guinéens chacun. Nous relevons aussi des peines complémentaires. Nous vous demandons de prononcer l’interdiction temporaire d’une période de 3 ans de l’exercice de la profession d’huissier de justice pour maîtres Sory Daouda Camara et Mandiou Sangaré. Et une période d’interdiction de 3 ans pour la profession d’avocat pour maître Halimé Saad Chaloub>> a requis Pierre Segbé Kamano le procureur spécial près la CRIEF.
La défense pour sa part, n’a pas manqué de plaider non coupable de ces infractions reprochées à ses clients. Au nombre de six, les avocats ont tenté de démonter les accusations articulées contre ses prévenus. Comme ses co-défendeurs, Maître Mory Doumbouya, soutient qu’il n’y a ni escroquerie, ni faux et usage de faux, ni complicité dans cette procédure. <<Nous sommes dans tous, sauf dans une procédure de flagrant délit. C’est une procédure qui devrait être orientée vers l’information. C’est une affaire qui remonte à 2018. C’est une procédure téléguidée. C’est une procédure orientée. L’équilibre entre les parties est largement rompu dans cette procédure. C’est qu’Ecobank a fait est un mépris pour la justice. Il n’y a ni faux, ni escroquerie, ni complicité dans cette procédure. Me Mandiou Sangaré a obéit aux ordres de son maître. Et maître Sory Daouda a agi dans l’exercice de ses fonctions. Ne suivez pas les réquisitions du parquet. Nous sommes en train de nous détruire nous même sans le savoir. Parce qu’aujourd’hui ce sont des magistrats qui sont jugés, des avocats, des huissiers qui sont jugés et condamnés. Donc nous sommes en train de nous détruire sans le savoir. Ne suivez pas le parquet>> a plaidé l’avocat qui n’a pas manqué de solliciter la Cour de déclarer Maîtres Sory Daouda Camara, Mandiou Sangaré et Halimé Saad Chaloub non coupables des faits “d’escroquerie au jugement, faux et usage de faux en écritures publiques et authentiques,usurpation de titre et de fonction eg complicité” en les renvoyant des fins de la poursuite pour délits non constitués.
Après avoir écouté toutes les parties, la Cour présidée par Alpha Camara a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue au 28 octobre 2026.
Affaire à suivre!
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